Les pertes urinaires pendant l’activité physique sont beaucoup plus fréquentes qu’on le croit… et encore trop souvent banalisées. L’incontinence urinaire à l’effort survient lorsque la pression à l’intérieur de l’abdomen — par exemple lors d’une toux, d’un saut, d’une course ou d’un soulèvement de charge — dépasse la capacité du système de soutien de la vessie et de l’urètre à contenir l’urine, et ce, sans contraction volontaire de la vessie.
Chez les femmes, les sports comportant des impacts répétés, des changements de direction rapides ou des charges importantes augmentent le risque de fuites urinaires. La course à pied, les sports de raquette, le trampoline, l’aérobie ou encore l’haltérophilie et le CrossFit sont souvent associés à cette problématique. Les statistiques chez les athlètes féminines de haut niveau sont éloquentes : dans certaines disciplines, une proportion importante de sportives rapporte des pertes urinaires à l’effort. Pourtant, même si cela est fréquent, ce n’est jamais normal. Les fuites ne sont pas une preuve que l’on s’entraîne intensément : elles sont plutôt le signe que le système de gestion des pressions abdominales est débordé.
Chez les hommes, le sujet est moins abordé, mais bien réel. L’incontinence à l’effort peut survenir après une chirurgie de la prostate, en présence de douleurs lombaires persistantes ou lors de sports générant une forte pression abdominale. Comme le thème demeure tabou, plusieurs hommes hésitent à en parler et retardent ainsi une prise en charge pourtant efficace.
Au-delà des pertes urinaires, certaines personnes peuvent aussi ressentir une augmentation de la fréquence urinaire, une sensation de vidange incomplète de la vessie ou encore des douleurs pelviennes et périnéales. Ces symptômes indiquent souvent un déséquilibre dans le fonctionnement du complexe lombo-pelvien.
Le contrôle urinaire ne dépend pas uniquement des muscles du plancher pelvien. Il implique une coordination fine entre la respiration et le diaphragme, les muscles abdominaux profonds, la musculature du dos, les articulations lombaires et sacro-iliaques ainsi que les structures pelviennes. Lorsqu’un ou plusieurs de ces éléments ne fonctionnent pas adéquatement, la gestion de la pression intra-abdominale devient inefficace.
Les pertes urinaires pendant le sport ne sont donc ni une fatalité, ni une conséquence “normale” de l’âge ou de la pratique sportive. Elles constituent plutôt un signal que le système mérite d’être évalué. Une prise en charge en rééducation périnéale et pelvienne permet d’identifier les déficits spécifiques et de mettre en place un plan de traitement adapté afin de prévenir l’aggravation des symptômes et d’éventuelles complications.